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par Michel Dugelay  

Nouvelles du Beaujolais d' Octobre 2005

Actualité / Septembre 2005

2005, jeudi 15 septembre

Jeudi 15 septembre 2005, une lumière douce, des sons atténués et un indéfinissable sentiment de repos marquent le premier jour de l’automne sur le Beaujolais. Les astronomes ont beau affirmer que l’équinoxe, qui marque officiellement le début de l’automne, se situe au 21 septembre, la nature a un autre regard : cette année, elle a décidé d’attendre les derniers jours de vendange sur les vignes de Bois-Dieu pour se décider à entrer dans sa période vespérale qui précède le sommeil de l’hiver. Aujourd’hui, la troupe commence en effet à regarder les vignes qui restent encore chargées de raisins, à compter les journées passées depuis le 5 septembre, et à penser à la « revole » (1) qui fêtera demain la fin de la vendange 2005.
Vendanges tranquilles, sereines, faciles pour les habitués : en effet, le faible nombre de grappes, la maturité parfaite des raisins, l’absence quasi-totale de maladies marqueront 2005 comme le millésime de toutes les qualités. Même les guêpes qui avaient élu domicile sur certains ceps, n’ont pas dérangé les coupeurs, partageant ainsi le calme régnant dans les vignes.

Une année climatiquement exigeante

Pourtant, il faut dire que cette sérénité est le résultat d’une année climatiquement exigeante et contrastée : le réveil du printemps avait été brutal avec une montée rapide des températures fin mars et des pluies abondantes et fréquentes en avril et mai. Conditions propices pour les champignons qui, à l’instar du mildiou, n’ont pas manqué de multiplier les attaques sur le jeune feuillage : les règles de la protection phytosanitaire raisonnée furent bien utiles pour garder la tête froide et contenir raisonnablement les risques. De surcroît, après l’abondante récolte de 2004, la floraison de début juin laissait présager un petit nombre de raisins qu’il était important de préserver. C’est alors que les jeunes grappes en croissance ont connu un été extraordinairement sec : à la différence de 2003, marqué par la canicule, c’est en effet la sécheresse qui, jusqu’au bout, va caractériser cette saison.
Le raisin va ainsi se développer lentement, concentrer ses arômes et ses tannins, sans croissance excessive et, cerise sur le gâteau, garder un potentiel d’acidité garantissant une très bonne aptitude à la garde.

Un raisin naturellement sain

Dans cette ambiance, si les attaques de champignons ont pu causer quelques frayeurs au printemps, les insectes parasites ont encore une fois trouvé leurs limites dans un bon équilibre écologique : pour la troisième année consécutive, aucun traitement insecticide n’a été appliqué sur les vignes de Bois-Dieu. Le climat et la faune « auxiliaire » (2) ont limité les parasites à un niveau parfaitement acceptable. Cette absence de parasites, associée à la sécheresse de l’été, a éliminé toutes les attaques possibles de pourriture grise et facilité grandement le travail des vendangeurs.

Rendez-vous le 17 novembre

Maintenant, au soir d’une année difficile sur le plan économique, cette merveilleuse arrière-saison qui nous est offerte en 2005 apporte un peu de tranquillité. Le Beaujolais nouveau est aujourd’hui vinifié et il n’attend plus que le 17 novembre pour vous émerveiller. Il prend le temps nécessaire pour s’épanouir dans les bouteilles à l’image de ces journées douces et ensoleillées d’octobre. Si le mot parfait a un sens pour un vin, réservons le à cette cuvée 2005 qui sera à même de vous offrir la joie et la sérénité, la douceur et la force, la légèreté et la profondeur, la jeunesse et la maturité. Et lorsque viendra le moment de porter le verre à votre bouche, je vous propose de le ressentir ainsi que l’écrivait Louis ORIZET : « on ne boit pas, on donne un baiser à son verre et le vin vous rend une caresse ».

1): la revole (appelée dans certaines régions reboule ou dieuleveult) est le repas de fête qui traditionnellement marque la fin des foins, des moissons et des vendanges. Quasi abandonné dans la plupart des régions, il reste extrêmement vivant en Beaujolais où 35 000 personne participent chaque année aux vendanges.

2): la faune auxiliaire est constituée des insectes et autres animaux qui se nourrissent au détriment des insectes parasites de la vigne, limitant ainsi leur développement.

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